Arguments

Explosion des coûts

Selon une estimation prudente les coûts de ladite Stratégie énergétique 2050 sous la forme de cette nouvelle loi sur l’énergie s’échelonnent entre 150 et 200 milliards de francs jusqu’en l’an 2050. C’est dire que l’économie et la population ont à supporter des charges de 5 à 7 milliards de francs par an, soit 750 francs supplémentaires par an et par habitant/consommateur. Ce scénario ne tient compte ni de la suppression d’emplois à la suite de la hausse des coûts de production, ni de la baisse de la prospérité générale.

Menace sur la sécurité d'approvisionnement – dépendance accrue de l'étranger

Conséquence de l’insécurité croissante au niveau international, la question de l’indépendance nationale revient au premier plan, notamment en ce qui concerne l’approvisionnement énergétique. La Suisse aura toujours besoin d’un approvisionnement énergétique fiable, national et financièrement supportable. L’UDC a réagi très vite aux intentions du Conseil fédéral en proposant sa propre conception15, soit une politique énergétique réaliste qui garantit un approvisionnement suffisant, avantageux, aussi indépendant que possible et sûr.

Résultat des réflexions de quelques fonctionnaires fédéraux, la Stratégie énergétique 2050 ne répond absolument pas aux critères de fiabilité et de coûts supportables; elle menace l’industrie nationale et rend la Suisse encore plus dépendante de l’étranger, donc l’expose aux chantages. Pire, elle impose à la population et aux entreprises un corset d’économie planifiée à la mode socialiste. Or, ni des interdictions massives, ni des subventions énormes, des impôts et des redevances ne permettent de résoudre les problèmes qui résultent de l’abandon du nucléaire.

L’abandon du nucléaire entraîne la suppression de 35 à 40%16 de la production électrique nationale actuelle (25 000 GWh). Cette lacune ne peut en aucun cas être comblée par des énergies renouvelables:

Nouvelles subventions, davantage de régulations, de bureaucratie et de prescriptions

La Stratégie énergétique 2050 et la loi sur l’énergie n’ont plus qu’un très lointain rapport avec les principes de l’économie de marché. La rétribution à prix coûtant (RPC) des injections d’électricité favorise des agents énergétiques inefficaces au détriment d’autres formes de production. La réforme fiscale écologique (SICE de la 2e phase) crée un déséquilibre supplémentaire entre les agents énergétiques. Plusieurs mesures restrictives supplémentaires ont été prises ces dernières années concernant l’énergie nucléaire, si bien que cette production a encore une fois été pénalisée (notamment des mesures de nature purement politiques en matière de fonds de démantèlement et d’élimination qui accroissent les coûts de production).

La loi sur l’énergie entraîne également des modifications au niveau de l’aménagement du territoire: la Confédération peut exiger des cantons qu’ils définissent des régions pour la production d’énergies renouvelables (les cantons doivent désigner ces régions; ils n’ont pas le droit de renoncer complètement à cette opération).

La gestion de l’électricité sera également modifiée. Des réseaux intelligents (smart grids) pilotent les flux d’électricité et veillent à la stabilité du réseau. L’aspect perfide de ce système est que chaque maison sera finalement équipée d’un tel pilotage (smart meter) qui informe précisément le producteur d’électricité sur la consommation du ménage minute par minute (protection des données?). Pire, grâce à ces commandes le producteur peut interdire à certaines heures au consommateur des applications consommant beaucoup d’électricité (par ex., utilisation de la machine à laver, de l’aspirateur à poussière, etc. sera limitée à certaines heures périphériques).

La loi sur l’énergie interdit la construction de nouvelles centrales nucléaires, tout comme le recyclage de combustibles nucléaires usagés. La loi renonce cependant à fixer une date précise pour la mise hors service des centrales nucléaires. Les anciennes centrales pourront donc fonctionner aussi longtemps qu’elles garantissent une sécurité suffisante. Ce qui signifie en clair que la nouvelle loi sur l’énergie ne provoque pas un abandon direct du nucléaire, mais maintient le mode actuel en le garnissant d’une multitude de nouvelles taxes, règlementations, régulations et autres restrictions. C’est prendre les citoyennes et les citoyens pour des imbéciles.

L'illusion de la Stratégie énergétique 2050 – allégations et faits

L'énergie nucléaire est un modèle de fin de série – l'avenir appartient aux énergies renouvelables

Hormis la Suisse et l’Allemagne, aucun pays n’a pour le moment l’intention de renoncer à l’exploitation de l’énergie nucléaire. Il y a de bonnes raisons à cela: les centrales nucléaires sont imbattables en ce qui concerne la charge de base et la production par unité de surface. En outre, elles génèrent peu d’émissions. Aussi longtemps qu’il n’existe pas de moyen raisonnable de stocker l’énergie, le nucléaire continuera de donner le ton dans de nombreux pays (ce n’est pas un hasard si actuellement 212 usines nucléaires sont en construction ou projetées dans le monde entier; ces équipements fonctionneront au moins durant 50 ans)18. La recherche dans le domaine nucléaire s’est également poursuivie. A noter que les réacteurs de la quatrième génération seront commercialement exploitables dans 20 à 30 ans.

Les énergies renouvelables ne sont pas suffisamment soutenues

La Suisse consacre actuellement quelque 1,5 milliard de francs par an au soutien des énergies renouvelables. La recherche nucléaire représente à peine 25 à 50 millions de francs par an (participation à des programmes, etc.). Faute de techniques adéquates de stockage énergétique, la promotion des énergies renouvelables n’a guère de sens, car ces ressources ne produisent que dans certaines conditions météorologiques (soleil ou vent), voire uniquement de jour. Malgré cet énorme subventionnement, la part des énergies renouvelables au mix électrique suisse n’est que de modestes 2,2%.

La nouvelle loi sur l'énergie crée des emplois

Cette allégation est également fausse. Le fait est que l’encouragement des énergies renouvelables crée certes des emplois dans un premier temps, mais ceux-ci sont supprimés au plus tard19 lorsque cesse le subventionnement. L’exemple le plus frappant est l’Allemagne qui a soutenu son industrie du solaire, alors que celle-ci a dû finalement supprimer des emplois en masse en cédant son savoir-faire à la Chine (qui a obtenu ces techniques quasi gratuitement en reprenant ces entreprises). De surcroît, ce subventionnement des énergies renouvelables a provoqué des suppressions d’emplois dans des entreprises traditionnelles, si bien qu’en fin de compte le bilan en termes d’emplois est négatif.

La nouvelle loi sur l'énergie nous rend indépendant de l'étranger

C’est le contraire qui est vrai. L’électricité ne représente que 25% de la consommation totale d’énergie, le solde étant couvert par les ressources fossiles (pétrole, gaz, etc.). L’abandon du nucléaire exigé par la nouvelle loi sur l’énergie réduit la production électrique, si bien qu’on ne pourra plus remplacer les énergies fossiles, voire qu’on sera contraint d’en importer plus. L’objectif d’une politique énergétique raisonnable devrait être au contraire d’augmenter la production d’électricité afin de remplacer autant que possible les énergies fossiles. Or, c’est précisément ce qu’empêche la nouvelle loi sur l’énergie en réduisant la production électrique.

Le problème de l'élimination des déchets radioactifs n'est pas résolu – l'abandon du nucléaire est donc inévitable

C’est encore faux. Le fait est que techniquement l’élimination des déchets nucléaires n’est pas un problème, mais que la gauche politique entrave systématiquement ces efforts. D’autres pays comme la Finlande et la Suède ont non seulement des dépôts de déchets faiblement à moyennement radioactifs, mais aussi des lieux de stockage pour les déchets hautement radioactifs. D’ailleurs, même en cas d’abandon de l’énergie nucléaire la production de déchets radioactifs ne cesserait pas (médecine, industrie, recherche). Ces activités génèrent environ 25% de tous les déchets radioactifs annuels.