«La loi sur l’énergie menace la sécurité de notre approvisionnement»

«La loi sur l’énergie menace la sécurité de notre approvisionnement»
11. avril 2017 Info Energie

Martin Sauter, directeur de l’entreprise Sauter Bachmann SA à Netstal dans le canton de Glaris, refuse catégoriquement la stratégie énergétique. Pour lui, les choses sont claires: la menace que la nouvelle loi fait peser sur l’approvisionnement énergétique et ses réglementations massives  nuiraient à l’industrie suisse et, plus particulièrement, aux entreprises  exposées à la concurrence internationale.

Martin Sauter représente la troisième génération à la tête de cette entreprise technologique. Il attache une grande importance à l’efficacité énergétique: «Récemment nous avons remplacé tout l’éclairage de la halle de production par des lampes LED. Nous réduisons ainsi notre consommation d’électricité.» La nouvelle loi sur l’énergie inquiète tout de même cet entrepreneur – par exemple en raison des coûts qu’elle provoque, mais la conséquence la plus désastreuse de cette stratégie est de mettre en péril l’approvisionnement énergétique.

Les incertitudes de la dépendance étrangère
Explication de Martin Sauter: «Accepter la loi sur l’énergie, c’est supprimer 25 TWh, soit 38% de la production électrique nationale.» Pour cet entrepreneur, il est évident que les énergies renouvelables ne pourront pas combler cette lacune, surtout pas durant les mois d’hiver. En fait, c’est le contraire qui va se produire: «En renonçant aux combustibles fossiles nous créons une demande supplémentaire d’électricité. Par exemple pour les pompes à chaleur ou la mobilité électrique», explique Martin Sauter. Moins de production et plus de consommation signifient une plus grande dépendance de l’étranger. Martin Sauter s’interroge: «La situation en termes d’approvisionnement est aussi critique en Allemagne et en France. Nos voisins nous fourniront-ils de l’électricité s’ils sont eux-mêmes serrés?»

L’entreprise Sauter Bachmann dépend d’un approvisionnement énergétique fiable. Les composants qu’elle fabrique pour la navigation aérienne et spatiale doivent être soumis à un traitement thermique complexe. Si une panne d’électricité se produit durant ce processus clé, toutes les pièces traitées doivent être jetées. «Cela représente des pertes de plusieurs centaines de milliers de francs», relève Martin Sauter.

Les délais sont trop courts
Martin Sauter soutient les techniques de production alternatives. Mais la transformation imposée par la stratégie énergétique est beaucoup trop ambitieuse: «Nous ne disposons pas des technologies qui nous permettent de transférer la surproduction estivale vers les mois d’hiver. Nous ne possédons ni les techniques de stockages nécessaires, ni le réseau électrique adéquat. 2050 paraît très loin, mais le développement d’une infrastructure dure plusieurs décennies. Il ne reste tout simplement pas assez de temps.» Si la nouvelle loi sur l’énergie entre en vigueur, la Suisse provoquera une lacune extrêmement douloureuse dans son approvisionnement énergétique», affirme avec conviction Martin Sauter.

 

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