Les automobilistes doivent passer à la caisse

Les automobilistes doivent passer à la caisse
11. avril 2017 Info Energie

Saviez-vous que la nouvelle loi sur l’énergie ne concerne pas seulement l’approvisionnement électrique, mais aussi l’huile de chauffage, le gaz, l’essence et le diesel? C’est dans ces derniers domaines, précisément, que l’Etat imposera ses prescriptions les plus sévères et son programme de rééducation le plus incisif.

Une fois de plus, ce seront les automobilistes qui devront supporter une grande partie des coûts énormes et des restrictions imposées par la Berne fédérale.

Ne conduire qu’un jour sur deux?
Le point principal pour commencer: la stratégie énergétique ne renchérit pas seulement, mais restreint aussi la conduite automobile. Faute de telles mesures, les objectifs comme une réduction de 43%, donc de presque la moitié de la consommation d’énergie (huile de chauffage, carburants, gaz, etc.) durant les 18 ans à venir, ne peuvent pas être atteints. Il faut donc s’attendre à des mesures drastiques. Une proposition (17.3081) a été déposée au Parlement fédéral pour demander que l’immatriculation de voitures neuves à moteur à combustion soit interdite à partir de 2025. Ce qui est en tout cas prévisible, c’est un contingentement des activités de voyage, des réductions de la vitesse ou l’interdiction d’utiliser la voiture plus d’un jour sur deux. Selon l’accord de Paris sur le climat, la Suisse doit en outre réduire ses émissions de CO2 de 50% jusqu’en 2030 (par rapport à 1990). Les mesures nécessaires à cet effet frapperont principalement les deux agents énergétiques déjà fortement imposés que sont l’essence et l’huile de chauffage.

La conduite automobile, un privilège de riches?
Presque chaque loi dans ce domaine prévoit une «adaptation au dernier niveau de la technique». L’idée d’interdire les moteurs à combustion ou encore la réduction des émissions de CO2 des voitures de tourisme à 95 g/km d’ici à 2020 (actuellement 130 g/km) indique bien la direction que prend cette politique. L’économie et la population seront forcées de remplacer des véhicules pourtant en parfait état. Cela coûte cher et c’est aussi complètement absurde du point de vue écologique (encouragement de la consommation de produits à jeter).

Arnaque étatique contre les automobilistes
Le peuple ayant refusé l’augmentation du prix de la vignette autoroutière, de nouvelles propositions concernant des péages routiers urbains ou une «tarification de la mobilité» font leur chemin. Il ne s’agit de rien d’autre que d’une mise au goût du jour des droits de passage moyenâgeux. La Berne fédérale en discute très sérieusement. Parallèlement, les automobilistes ne peuvent plus déduire l’intégralité des frais de déplacement vers leur lieu de travail. Et, dans le contexte du nouveau fonds pour les routes nationales et le trafic d’agglomération, l’impôt sur les huiles minérales sera augmenté de 4 centimes. Cette décision a été prise en février 2017. On le voit bien: les automobilistes sont dans le viseur de l’Etat et les politiciens continuent joyeusement de serrer la vis.

Les régions périphériques particulièrement touchées
Conséquence de la Stratégie énergétique 2050, le prix du litre d’essence ou de diesel augmentera de 26 centimes supplémentaires. Cela fera 416 francs de plus par an pour un automobiliste possédant une voiture qui consomme 8 l/100 km et effectuant 20 000 km par an. La Confédération veut forcer les automobilistes à choisir des motorisations plus faibles ou à emprunter les transports publics. Les habitants des régions périphériques et de montagne souffriront tout particulièrement de cette politique. La tendance à voyager baissera également, ce dont pâtira le tourisme qui est de toute manière dans une passe difficile actuellement. Le passage forcé vers la mobilité électrique ne réduit pas réellement la consommation, mais la fait simplement passer des carburants fossiles à l’électricité. Avec des conséquences notables: à la suite de la propagation de la mobilité électrique, la consommation d’électricité augmentera de 4 TWh d’ici à 2035 selon les prévisions du Conseil fédéral (ce chiffre correspond à la production d’environ 100 éoliennes). La numérisation constante de la société et la multiplication des appareils électriques rechargeables (parallèlement à la croissance démographique) exigeront des économies d’électricité supplémentaires. La Stratégie énergétique 2050 saignera donc une fois de plus des automobilistes déjà lourdement imposés. Donc, non à la loi sur l’énergie.

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